L’étrangère de Mantinée

Poème musical d’après Diotime et les lions de Henry Bauchau pour un basson, une comédienne et cinq chanteurs – une soprano, un contre ténor, un ténor, un baryton et une basse-

Philippe Forget, musique

Patrick Autréaux, livret

Thierry Thieu Niang, mise en scène

Jimmy Boury, lumières

Ce projet est salué par le prix Coupleux-Lassalle (co-production Cumulus, commande musicale du festival Format Raisins).

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Note d’intention

Sept chanteurs et un musicien traversent ensemble ce conte pour en donner une version sous la forme d’un madrigal.

Dans une atmosphère intimiste, musique et poésie se croisent pour laisser advenir l’imprévisible, l’aléa et l’instinct dans le mouvement des corps.

Que se passe-t-il lorsque l’histoire, l’archéologie du monde émigrent vers le présent, transfigurent gestes et pas ; présences et langues pour un temps commun ?

Que sommes nous prêts à faire pour l’autre, les autres, à sacrifier pour l’autre ? Qu’est-ce que l’amour qu’on porte à un être ? Quelle est cette part d’égoïsme que l’on transporte avec soi, cet amour qu’on s’offre en fait à soi- même en croyant l’offrir à l’autre ? Que donne –t-on ? Que transmettons-nous du monde ?

En premier lieu est le texte de Henry Bauchau, Diotime et les lions.

Il ne s’agit pas d’interpréter l’histoire mais de l’approcher, de se l’approprier, de la découvrir, la questionner.

Quelque part, entre l’Orient et l’Occident, un combat, un rituel ancien à travers une lutte entre les hommes et les animaux. Dans l’ivresse et dans la prédilection que lui témoigne son grand père et aux plus troublants interdits, Diotime jeune adolescente est confrontée aux questions de transmission, de transgression et d’identité.

Deuxième acte.

Le désir pour le compositeur Philippe Forget d’écrire un chant à partir de ce texte mais surtout oser ce, qu’avec Henry Bauchau, ils ont rêvé avant la mort de l’écrivain, raconter cette histoire : ce conte devenant un chant, un opéra fait de voix et d’un seul instrument. Un basson.

Un madrigal pour Diotime.

Le madrigal est un poème mis en musique incarné à la Renaissance en une polyphonie déclinant flux et flots de sentiments. Il y aurait 6 personnages de plusieurs générations – 6 voix- Diotime, soprano– Cambyse, le grand père, basse – Kyros, le père baryton – Akoum, contre ténor – Arsès, ténor – La Mère, comédienne.

Troisième saison.

Inviter un auteur pour écrire le livret, Patrick Autréaux – dont le parcours s’apparente à celui de Henry Bauchau- et le metteur en scène/ chorégraphe Thierry Thieû Niang et inventer une forme théâtrale et musicale inédite, sensible.

Dernier round.

La création de Diotime ou un chant comme résistance.

Un décor unique, un désert, un espace vide où seule la lumière dessinera les contours, les formes et les chemins.

Un espace dédié au sable, au feu, à la nuit et au rapport trouble et séculaire de l’être humain et de l’animal.

Un chant pour guider le récit : une fresque polyphonique avec l’intense et le sensible pour mieux dire, mieux être là.

Chercher les restes, les fragments fragiles, les moments émergents qui ont façonné notre culture, notre relation à l’infini, aux temps du corps, à la fragilité de la vie.

Transmettre, comme dit Bauchau, c’est mettre en mouvement.

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