Eclaboussures

Eclaboussures est un solo de danse et arts numériques co-écrit par la chorégraphe Natacha Paquignon, la danseuse Anita Mauro et l’artiste visuel et programmeur Raphaël Dupont.

Production: Association CAB – Corps Au Bord / Compagnie Natacha Paquignon
Co-production: Fées d’Hiver, centre de création numérique dans les Hautes-Alpes, Toï Toï Le Zinc, Villeurbanne.

Eclaboussures est un solo de danse et arts numériques co-écrit par la chorégraphe Natacha Paquignon, la danseuse Anita Mauro et l’artiste visuel et programmeur Raphaël Dupont.
Eclaboussures est créé à partir de fragments de mémoire sensorielle de la danseuse. De la douceur du cocon à l’ivresse du vertige, sa danse interagit avec une matière visuelle particulaire.

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Conception Natacha Paquignon
Co-auteurs Raphaël Dupont, Anita Mauro, Natacha Paquignon
Chorégraphes Anita Mauro, Natacha Paquignon
Danseuse Anita Mauro
Artiste visuel & programmeur Raphaël Dupont
Composition sonore Natacha Paquignon
Création de la cabine Némo
Conception technique de la cabine Raphaël Dupont, Valentin Durif, Eric Lombral, Némo
Costume Nadine Chabannier
Régie générale Eric Lombral

Durée 20 minutes

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Eclaboussures est construit à partir de fragments de la mémoire sensorielle de la danseuse. Mémoires kinesthésique, visuelle, sonore, olfactive, émotionnelle, liées à des situations où le corps se risque à aller au-delà de ses propres limites.
L’écriture de Eclaboussures part de poèmes écrits par Anita Mauro. Ils sont inspirés des haikus, formes courtes et codifiées de la poésie japonaise. Même s’ils prennent quelques libertés par rapport aux codes des haikus japonais, les haikus d’Anita Mauro en suivent plusieurs principes. Comme la danse, ils traduisent une sensation, un moment éphémère. Ils évoquent sans la décrire une observation.
Le rythme des haikus donne son rythme à Eclaboussures. Ils en constituent la matière sonore. La bande sonore de la pièce est écrite à partir des poèmes enregistrés. Natacha Paquignon a créé un environnement sonore uniquement composé de voix. Les haikus créent parfois une nappe musicale où le sens des mots laisse la place à la sensation qui se dégage de leur enchevêtrement. Lorsqu’ils se succèdent, ils donnent à entendre des images qui, associées à la danse et à la vidéo, laissent à chacun la liberté d’une interprétation personnelle puisée dans sa propre mémoire sensorielle.
Avec cette pièce, la chorégraphe a souhaité poser les bases d’un processus de création avec une cabine : la cabine peau. Ses parois sont douces et élastiques comme la peau, et opaques : elles masquent la danseuse à la vue des spectateurs, à moins qu’une lumière n’éclaire son corps.
Les ambiguïtés de ce dispositif touchent à la question de la frontière, qui jalonne le travail de la chorégraphe.
La cabine peau porte la question de la frontière entre risque et confort. La sensualité et l’élasticité des parois invitent à explorer, à repousser loin ses limites, à s’enfoncer dans la matière, au risque de perdre l’équilibre ou ses repères spatiaux et corporels.
L’opacité des parois, qui cachent la danseuse ou la révèlent par transparence, interroge la frontière entre espace intime et espace public : qu’est-ce qu’on dévoile au public ? Qu’est-ce qu’on garde pour soi ? Qu’est-ce qui traverse la peau ? Cette question, sans cesse posée dans notre utilisation quotidienne des outils numériques, est un fil conducteur de la recherche de la chorégraphe.
Une autre frontière toujours présente dans ses travaux chorégraphiques et numériques est celle qui délimite le réel et le virtuel. Corps en chair et en os ou silhouette projetée, corps qui dépasse du cadre ou perçu à travers une paroi, espace réel minuscule, extrêmement contraignant, et espace imaginaire qui trouble les repères spatiaux par l’association entre la danse et la matière visuelle. Lorsqu’elle repousse la peau de sa cabine, de son petit monde, la danseuse interagit avec la matière visuelle projetée sur les parois.
Pour évoquer cette frontière / relation poreuse entre soi et l’environnement, Raphaël Dupont a créé une matière visuelle composée de particules qui interagissent avec les mouvements de la danseuse.
Le corps laisse sa trace dans les particules autant que les particules s’impriment dans le corps. Matière à jouer, à explorer, que l’on ne peut totalement maîtriser mais avec laquelle on peut créer des relations.
Les mouvements de la danseuse sont captés à l’aide de deux caméras : une Kinekt et une caméra infrarouge. Ces caméras sont couplées à un vidéoprojecteur.

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