Madrigaux à 4 voix

Direction musicale, Lucien Kandel

Christel Boiron
cantus

Lucien Kandel
Xavier Olagne
contratenors

Eric Chopin
bassus

Sophie Miczka
musicologue
présentation

sans-titre

Élaboré à partir de madrigaux significatifs de la Renaissance, ce parcours musical vous invite à une dégustation de mots et de couleurs rassemblés par les plus grandes figures de l’époque.

Les polyphonistes venus du Nord de la France et des Flandres, comme Philippe Verdelot puis Cyprien de Rore , se familiarisent avec la langue de Pétrarque et avec cette nouvelle forme musicale apparue à la fin du XVe siècle : le madrigal.

L’art savant du contrepoint s’associe à la richesse d’une langue qui porte en elle toute une variété d’expressions et une palette sonore capable de traduire les accents les plus dramatiques.

Les auteurs du XVIe siècle ne s’y sont pas trompés en adaptant les sonnets du Canconiere de Pétrarque, écrits deux siècles plus tôt. A la Renaissance les compositeurs nationaux émergent de l’hégémonisme flamand. Festa en est le chef de file, suivront ensuite plusieurs générations de musiciens illustres tels que Marenzio, Gesualdo et Monteverdi.

Le chromatisme musical apparaissant autour de 1550, tend à renforcer ces moyens d’expression. Roland de Lassus écrit les fameuses Prophéties des Sybilles, oeuvre totalement chromatique. Gesualdo, dans ses madrigaux, pousse cette technique d’écriture au plus haut degré.

A l’instar des peintures maniéristes, les madrigaux évoluent vers une description presque exclusive du mot, sacrifiant les lignes parfaites du contrepoint. Marenzio réussit toutefois à conjuguer structure et figuralisme. Ses madrigaux surpassent tous ses contemporains de part leur qualité et leur nombre.

Figure peu connue du monde musical, Pomponio Nenna dut évoluer dans l’ombre de son maître Carlo Gesualdo. La similitude des oeuvres présentées ici avec celle du Prince de Venosa nous questionne vivement. Nenna nous laisse de véritables petits chefs-d’oeuvre chromatiques significatifs de ce courant maniériste.

Le programme musical suivra tout au long du XVIe et au début du XVIIe siècles l’évolution du madrigal, de ses formes premières, proches de la chanson, aux conceptions plus avant-gardistes, précurseurs de l’opéra.